le chiapas


Selon le Conseil National de Population (CONAPO), depuis l’an 2000, le Chiapas est le second état du pays en termes de marginalisation. Dans son étude de 2005, il a détecté que les municipalités situées dans les Hauts Plateaux du Chiapas (Los Altos) sont celles qui indiquent une plus forte marginalisation.

Revenus : 83% de la population autochtone travaille dans le secteur primaire. Le modèle d’agriculture de subsistance prédomine.

Ressources naturelles : Le Chiapas est un important producteur de pétrole, et en plus il contient des réserves encore inexploitées à l’heure actuelle. Mais aussi :

30% de l’eau en surface pour tout le Mexique se trouve concentrée au Chiapas. 47% de la production nationale de gaz naturel.

L’éco-tourisme permet de profiter de la richesse naturelle des peuples tout en étant une activité rentable. Selon les projets mis en place par le gouvernement, il s’agit d’une façon de générer des revenus pour les peuples autochtones. Cependant l’éco-tourisme est remis en cause dans la mesure où il assujettit les populations aux règles et aux formes du marché. L’éco-tourisme comme forme de tourisme “alternatif” a un impact culturel, en amenant la réalité communautaire et territoriale à s’adapter aux attentes des étrangers. Les communautés autochtones dénoncent les projets d’éco-tourisme pour diverses raisons :

Les déplacements forcés de communautés autochtones habitant dans des zones stratégiques L’achat et la privatisation de propriétés collectives L’exploitation des coutumes et des traditions autochtones dans le but de divertir les touristes L’utilisation des ressources naturelles comme produits du marché La destruction de l’environnement : la coupe et le pillage des forêts, la pollution de l’eau L’arrivée des drogues et autres vices

Source : SIPAZ français - http://www.sipaz.org/data/chis_fr_02.htm

Logement : Un grand pourcentage des maisons en particulier dans les communautés indigènes ne remplissent pas les conditions minimales d’un logement digne. 25,9% sont sans eau courante. 5,88% sont sans électricité. 8,07% n’ont pas de service sanitaire 32,9% n’ont pas de sol en dur (sol en terre). 85,7% de la population du Chiapas cuisine avec du bois ou du charbon.

Education : L’éducation a été traditionnellement l’instrument des politiques indigénistes qui prétendaient “inculturer” et assimiler les autochtones à la culture nationale mexicaine, c’est-à-dire en leur interdisant la pratique et le développement de leur propre culture. Par ailleurs, de nombreuses communautés autochtones n’ont jamais eu accès à l’éducation publique. De ce fait, l’éducation s’est convertie en l’une des principales demandes de la lutte zapatiste, et un axe principal de l’autonomie.

Selon le CONAPO, 42,76% de la population de plus de quinze ans au Chiapas n’a pas terminé l’école primaire et 20,4% n’a pas été à l’école. 

Selon le recensement national de 2005, le Chiapas a le taux d’analphabétisme le plus élevé du pays.

Santé : Du fait d’une série de politiques discriminatoires, la majorité des communautés autochtones n’a pas eu accès au système de santé mexicain. Le manque de ressources et l’éloignement des grands centres urbains ont conduit à l’aggravation et à la multiplication de maladies facilement soignables. C’est pour cela que les zapatistes ont commencé à mettre en place leur propre système de santé et ont créé des cliniques régionales autonomes où les patients sont reçus par des promoteurs de santé autochtones.

Selon les statistiques du Ministère de la Santé en 2007, au Chiapas, on compte moins d’un médecin pour mille habitants, ce qui représente le pourcentage le plus bas de tout le pays.

Le Chiapas est le second état en matière de malnutrition au Mexique, la malnutrition affecte 71,6% de la population autochtone. 

Les taux de mortalité au Chiapas sont les plus élevés du pays : maladies respiratoires, infections intestinales, tuberculose et SIDA sont parmi les causes de décès les plus élévés du Mexique.

Dans les zones rurales et indigènes présentant un haut grade de marginalisation, le taux de mortalité infantile est de 75 pour mille, équivalant aux statistiques dans les pays d’Afrique saharienne.

La mortalité materne affecte principalement les femmes pauvres, et trouve son origine dans la déficience et la difficulté d’accès aux services de santé, la malnutrition, la violence au sein de la famille, les grossesses prématurées, non désirées et les avortements mal pratiqués.

Terre : Au Chiapas, la réforme agraire définie après la Révolution mexicaine n’a pas pu être mise en place. La terre est restée aux mains de quelques grands propriétaires terriens. Pour cette raison, elle est devenue l’un des principaux facteurs de conflits sociaux, conflits qui se sont aggravés avec le temps.