Ixchel, Le fil de l’identité


Dans le monde pré-hispanique, le mythe raconte que les Dieux se réunirent pour distribuer les tâches afin d’assurer la prospérité de l’espèce humaine nouvellement créée. Ixchel, la déesse de la Lune fut chargée d’enseigner aux femmes à filer et à tisser,à broder les symboles sacrés,et à écrire leur histoire sur les métiers à tisser.

Ixchel devaient transmettre aux femmes l’art du tissage, de l’ornementation et des brocarts destinés aux Dieux et parfois à la famille. Ainsi,les femmes passaient elles leur vie à tisser des vêtements pour payer le tribut, pour les vendre au marché,ou pour habiller la famille.

De nos jours le prestige d’une femme au sein de la communauté dépend souvent de ses dons pour le filage, le tissage, la broderie, l’ancienneté de son échantillonage de points et de sa créativité. C’est généralement aux femmes âgées qu’incombe la tâche d’enseigner cet art, tandis que les plus jeunes apportent des innovations. Les motifs traditionnels se transmettent d’une génération à l’autre, tant et si bien que les femmes travaillent avec une aisance déconcertante, comme guidé par une inspiration millénaire.

Le costume mexicain est le fruit du labeur, des efforts et de la tradition d’un peuple. Les tisserandes tiennent pour certain que leur tâche est de donner une âme au fil, de témoigner de leur vie par le biais des couleurs. Aiguille à la main, elles content des histoires et immortalisent leurs souvenirs, afin que leurs filles, petites-filles et tous ceux capable de comprendre leur langage sachent comment a vécu et survécu un peuple. Elles sont l’expression d’un Mexique à cheval entre la tradition et la modernité, et luttant pour ne pas perdre son identité.

figurine de femme tissant "Qu’il s’agisse d’Ixchel ou d’une paysanne,le travail représenté permet d’entrevoir la vie quotidienne" Jaina, Campeche. Classique récent Musée National d’Antropologie - Mexico